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L'archéologie de l'esclavage et l'archéologie marine

Tromelin
L'île aux esclaves oubliés

Portraits

Max Guérout et Thomas Ramon encadrent les fouilles sur l’île Tromelin. L'auteur de BD Sylvain Savoia a mis en images ces recherches archéologiques et l'histoire poingnante de ces esclaves oubliés. Découvrez leur parcours.

Photo de Max GuéroutS.Savoia, Les esclaves oubliés de Tromelin, collection Aire Libre, Dupuis

Max Guérout, archéologue au GRAN

Après une carrière de militaire puis d’officier de marine, Max Guérout entame, dans les années 1980, une carrière scientifique l’amenant à diriger de nombreux chantiers de fouilles maritimes. Il participe ainsi à la découverte et à la fouille d’épaves dans diverses régions du monde.

En 1982, il contribue à la fondation du Groupe de Recherche en Archéologie Navale (GRAN), dont la vocation est l’archéologie sous-marine, l’histoire maritime et le patrimoine culturel maritime.

Membre du laboratoire Histoire et archéologie maritimes, c’est dans le cadre de ses missions archéologiques qu’à quatre reprises, en 2006, 2008, 2010 et 2013, il se rend sur l’île Tromelin, dans l’océan Indien, dans le but de reconstruire l’histoire des esclaves naufragés et d’élucider leurs conditions de vie.

Illustration de Thomas Ramon par Sylvain SavoiaS.Savoia, Les esclaves oubliés de Tromelin, collection Aire Libre, Dupuis

Thomas Ramon, archéologue à l'Inrap

Thomas Romon est aujourd’hui archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Archéologue en Guadeloupe depuis 1996, il intègre l’Inrap en 2004 en qualité de responsable d’opérations. Il est rattaché au laboratoire d’anthropologie des populations du passé et du présent de l’Université de Bordeaux I.

Ses spécialités en archéologie funéraire l’ont amené à collaborer à la plupart des chantiers archéologiques de Guadeloupe ayant livré des sépultures, tant amérindiennes que d’époque coloniale.

Il dirige l’axe de recherche Les cimetières d’époque coloniale de Guadeloupe. Il dirige également des opérations d’archéologie préventive (diagnostics et fouilles) aux Antilles et à la Réunion et participe aux quatre missions sur l’île Tromelin où il encadre, avec Max Guérout, les fouilles terrestres.

Thomas Romon répond aux questions de Mathilde Munos sur France Inter :

Autoportrait de Sylvain SavoiaS.Savoia, Les esclaves oubliés de Tromelin, collection Aire Libre, Dupuis

Sylvain Savoia, auteur de BD

Sylvain Savoia est un dessinateur français de bande dessinée, né à Reims le 30 septembre 1969.

Il fait ses études à l’École supérieure des arts Saint-Luc de Bruxelles de 1988 à 1991. Pour la bande dessinée Les Esclaves oubliés de Tromelin, il participe à l’une des expéditions scientifiques sur l’île, et signe une bande dessinée historique, proche de la forme du carnet de voyage, qui revient sur cet épisode peu connu de l’esclavage.

Parue en 2015 pour la première fois, cette BD a été rééditée en version enrichie en 2019 à l’occasion de l’exposition présentée au Musée de l’Homme de la ville de Paris.

Sylvain Savoia nous parle de son travail de dessinateur pour la bande dessinée Les esclaves oubliés de Tromelin.

L'expédition Esclaves oubliés

Écoutez l'émission Tromelin : des esclaves oubliés rendus à l'histoire, dans La marche des sciences, animée par Aurélie Luneau sur France Culture, avec Max Guérout :

Le 29 novembre 1776, quant une voile pointe à l'horizon, seules 7 femmes et un bébé sont les rescapés de Tromelin. Comment ont-ils survécu ? Quelle organisation ont-ils mise en place pour recréer un espace de vie en communauté et tenter de survivre ? Quelles traces restent, aujourd’hui, de cette aventure ? De 2006 à 2013, quatre missions archéologiques furent organisées, dirigées par les archéologues Max Guérout et Thomas Romon pour rendre la parole à ses esclaves oubliés.

En 2006, un partenariat est mené avec l’aide de l’UNESCO entre le GRAN (Groupe de Recherche Archéologique et Navale), via son co-fondateur Max Guérout, et l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) et son responsable d’opération Thomas Ramon, pour entreprendre quatre grandes campagnes de fouille intitulées Esclaves oubliés.

En 2006, la première campagne permettra aux deux experts et leurs équipes de sonder l’épave de L’Utile et d’identifier certains lieux liés à la présence des naufragés.


L'Utile, 1761. Esclaves oubliés. Réal. Jérôme Palteau. Production © Vic Prod / Inrap : Partie de Bayonne le 17 novembre 1760, L'Utile, flûte de la Compagnie française des Indes orientales, fait naufrage le 31 juillet 1761 sur l'île de Tromelin. 203 ans après le naufrage, le commandant Max Guérout et le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN), en collaboration avec l'Inrap, ont lancé, sous le patronage de l'Unesco, le projet « Esclaves oubliés ». Son objectif : fouiller l'épave de L'Utile, retrouver les traces du séjour des naufragés et des conditions de leur survie sur l'île. La première mission s'est déroulée du 10 octobre au 9 novembre 2006.

Les fouilles révéleront que les survivants ont entretenu pendant quinze ans un feu, malgré l’absence d’arbres sur l’île grâce aux débris de bois de l’épave - feu principalement utilisé pour la cuisine, un bâtiment disposant d’un foyer semblant y avoir été spécialement aménagé.

Deux canons de l'Utile au rebutAncre émergée de l'UtileCanonsUn plongeur qui fait de l'archéologie sous-marineDécouverte d'un canon sous l'eauPhoto de l'archéologie sous-marineL'ancre de l'UtilePhoto de l'archéologie sous-marine
Crédit photos : GRAN

En 2008, une deuxième expédition permettra, elle, de révéler le reste de deux corps, dans une zone de déblais liée à la construction d’une antenne météo sur l’île en 1954.

14 nov - Thomas Romon étudiant des restes humains. Crédit photo : Jean-Francois Rebeyrotte28 nov montage crane. Credit Photo : Laurent Hoarau28 nov Squelette 2. Crédit photo : Laurent HoarauUn squelette
Crédit photos : Jean-Francois Rebeyrotte, Laurent Hoarau

Débutée en 2010, la troisième mission donnera lieu à la découverte de trois nouveaux bâtiments ainsi que d’objets tels que des briquets et silex, permettant d’élucider la manière dont les esclaves entretenaient le feu.

Dessin du secteur nord. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteThomas et Joe examinent le soubassement des murs. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteBako dans son sondage. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteToute l'équipe observe Thomas qui décape le sol du bâtiment. Crédit photo : Jean-Francois Rebeyrotte5 gros clous - Crédit photo : Max GuéroutIntérieur du bâtiment 6 en cours de fouille. On aperçoit le trépied. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteLe chantier au matin. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteBriquet. Crédit photo : Jean-Francois Rebeyrotteexemple
Crédit photos : Jean-Francois Rebeyrotte, Max Guérout

En 2013, la quatrième et dernière expédition à ce jour, révèlera l’organisation sociale de l'île grâce à la découverte de nombreux outils permettant de mieux comprendre l’aménagement du lieu et de ses habitations.

Travail de l'archéologue. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteTravail de l'archéologue. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteVue du chantier. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteFouille. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteVue du chantier. Crédit photo : Jean-Francois RebeyrotteVue de l'île et des fouilles. Crédit photo : Jean-Francois Rebeyrotte
Crédit photos : Jean-Francois Rebeyrotte

Au total, ces recherches permettront de retrouver près de 1 600 objets ayant appartenu à L’Utile (broche, chevilles, clous de charpente) ou fabriqués à partir de fer, cuivre et plomb en provenance de l’épave ou d’os de tortues, et d’exhumer 12 bâtiments, via des vestiges de blocs de corail et de grès, interprétés comme des abris. Des restes de faune ont également permis d’obtenir plus d’informations sur l’alimentation des naufragés.

Archéologie sous-marine et de l'esclavage

Voici des ouvrages sur l'esclavage, sur l'archéologie et sur les aventures maritimes que vous pouvez emrpunter dans les médiathèques de l'Agglo. Sont proposés ici également des livres documentaires pour les enfants.

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