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L'archéologie de l'esclavage et l'archéologie marine

Béziers

Fouilles et archéologie dans le Biterrois

Crédit photo : amphore contenant les restes osseux d'un enfant, © Myr Muratet.

Le Biterrois est un territoire riche en fouilles et découvertes archéologiques. C’est ainsi que, grâce à des fouilles archéologiques au centre de la ville, on a pu déterminer que Béziers était, avec Marseille, une des plus vieilles villes de France, en s’appuyant notamment sur la découverte de deux fossés défensifs et d’une citerne datant de 625 av. J.-C, ce qui a permis d'en déduire que la ville a été fondée par les grecs à l'âge de fer.

Ce sont les fouilles archéologiques qui ont permis de révéler tout une partie de l’histoire de Béziers, du Néolithique Moyen avec la découverte d'une sépulture isolée mise au jour sur le secteur de Mazeran en 2010 et fouillée par le Service Archéologique de la ville (découverte d’un individu d’âge mûr, défini comme le plus vieux Biterrois connu, dans une période comprise entre 4785 et 4620 av. J.-C,) jusqu’au Moyen-Age avec la mise à jour d’une agglomération antique connue sous le nom de Biterris qui perdurera jusque dans le courant du VIe siècle.

Plus récemment, des agents municipaux ont découvert par hasard en 2020 plusieurs dizaines de mètres de souterrains autour de la place Emile Zola. L’archéologie révélera que ces souterrains formaient un abri antiaérien faisant partie du système de défense passif de la ville durant la seconde guerre mondiale, et auraient été construits dans les années 1930. À la suite de cette découverte, une fouille menée par une équipe d’archéologues permettra d’exhumer un second abri parfaitement conservé lui aussi, ainsi que quelques objets qui témoignent de l’utilisation de ces sous-sols durant la guerre.

De nombreuses autres fouilles à Béziers et dans les environs ont également permis de révéler les vestiges du passé.

Prélèvements d'ossements d'une des sépultures antiques © Laurent VidalPrélèvements d'ossements d'une des sépultures antiques © Laurent Vidal

Ainsi, en 2010, une fouille préventive menée par l’INRAP sur prescription de l’Etat (DRAC Languedoc-Roussillon) sur une parcelle de 900 m² rue Kléber à Béziers, a permis de mettre en évidence une nécropole des Ier-IIe siècles de notre ère. Trente-cinq sépultures ont été mises au jour, illustrant les deux grands modes de traitement du défunt (incinérations et inhumation) et une grande variété des pratiques des Biterrois de l'Antiquité. Consulter l'article sur le site de l'Inrap.

En 2011, c'est une vaste nécropole du Néolithique qui a été mise au jour avant l'aménagement de la rocade de Béziers, à hauteur du Crès, s'agissant ainsi du plus important ensemble funéraire chasséen (4200 à 3500 avant notre ère) découvert dans le Sud de la France : des fosses en silo à inhumation abritant un ou plusieurs individus ainsi que des fosses renfermant des canidés enrichissent la connaissance des pratiques funéraires de cette période.

Vue aérienne du temple, fouille de Magalas, © Airimages, InrapVue aérienne du temple, fouille de Magalas, © Airimages, Inrap

A Magalas, en 2013, ce sont les vestiges d’un site antique comprenant un sanctuaire et un atelier de potier et révélant l'existence d'une occupation datant de la période romaine (du Ier siècle avant notre ère jusqu'au IVe siècle) qui ont été découverts par les archéologues de l’INRAP. Consulter l'article sur le site de l'Inrap.

En 2009 à Valros, ce sont sept zones de fouilles archéologiques, dont les attributions chronologiques vont du Néolithique moyen à l'Antiquité, qui sont révélées. Les principaux sites de Valros sont ceux du Pirou (Néolithique), de la vigne de Bioaux et de Rec de Ligno (Antiquité).

Silos néolithiques en cours de fouille © R. Haurillon, InrapSilos néolithiques en cours de fouille, © R. Haurillon, Inrap.

Parmi les découvertes, une aire d'habitat du Néolithique moyen de tradition chasséenne (entre 4 300 et 4 100 avant notre ère) d’une surface de 2,5 hectares, mais également une portion du territoire de la cité antique de Béziers. Les fouilles ont aussi révélé des vergers antiques sur de vastes superficies, correspondant à un maillage de fosses carrées très rigoureusement organisé, abritant chacune un arbuste, probablement fruitier.

Enfin, au sommet du site de la Vigne de Bioaux, à l'intersection de deux chemins antiques, une nécropole antique rurale constituée d’un petit ensemble funéraire, comprenant une vingtaine de sépultures, et de deux dépôts de crémation ont été mis en évidence.

Ainsi, c’est une grande partie de l’histoire de la campagne antique biterroise qui sera étudiée grâce à l’étude conjointe de ces fouilles. Consulter l'article sur le site de l'Inrap.

Enfin, à Sauvian, trois inhumations (attribuées au Néolithique final) ainsi que l'ossature d'un établissement rural gallo-romain ont été mises à jour en 2009. Consulter l'article sur le site de l'Inrap.

[Sources : Ville de Béziers, INRAP]

La société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers

Héritière de l'Académie royale des sciences et Belles Lettres, fondée en 1723 par Jean-Jacques Dortous de Mairan, la Société archéologique est créée en 1834, à l’heure du « réveil savant » initié par le ministre Guizot.

Elle poursuit aujourd'hui sa mission axée sur l'archéologie, l’histoire et les belles lettres. Elle compte plus de 300 membres. Elle est logée depuis 1989 en l’hôtel Bergé, demeure historique du centre-ville de Béziers, aménagé en demeure bourgeoise du XIXe siècle et légué à la Ville par son propriétaire pour y accueillir la Société archéologique.

Son rôle est important dans la cité, car grâce à ses dons et dépôts, elle a été à l'origine de la création des musées de la ville. Ses activités, aujourd’hui orientées sur la connaissance et la promotion du patrimoine culturel biterrois, se développent à partir de l'étude de ses collections, bibliothèque et archives, et un cycle de causeries.

Ses domaines d'activité sont l’archéologie, l'histoire locale, la littérature de Béziers et du Languedoc-Roussillon, de la Préhistoire jusqu’à aujourd’hui. Visiter leur site internet. Les Bulletins de la Société Archéologique de Béziers sont conservés dans les collections patrimoniales de la médiathèque André Malraux de l'Agglo Béziers Méditerranée. Vous pouvez les consulter sur place. Index des bulletins conservés.

Musées d'archéologie du Biterrois et de l'Hérault appartenant au réseau des musées d'Occitanie

Narbonne

Fouilles et archéologie dans le Narbonnais

Crédit photo : Vue de drone de la nécropole antique de Narbonne, © Denis Gliksman.

À Narbonne, l'archéologie s'apprend dès le plus jeune âge. Ainsi, en 2016, dans le cadre d’un Parcours d’éducation artistique et culturelle (Péac) et en partenariat avec l'INRAP, les élèves du collège Victor Hugo ont mené des fouilles à l'emplacement du Capitole, là où est situé le collège.

Fouilles de la cour du collège Victor Hugo à Narbonne. © Myr Muratet, Inrap.Fouilles de la cour du collège Victor Hugo à Narbonne. © Myr Muratet, Inrap.

Après 3 campagnes de fouilles, les jeunes archéologues du collège ont mis au jour de nouveaux vestiges qui permettent de mieux appréhender la phase de destruction du Capitole et ils ont pu à l'occasion approfondir leur connaissance de l'histoire et du riche patrimoine de leur ville. Les jeunes archéologues et l’équipe de l’Inrap ont en effet mis au jour différents revêtements muraux tels que des enduits et des stucs, des fragments de plafond enduit, des revêtements de sol et des blocs d’architecture parmi lesquels un tambour de colonne cannelée. Cet ensemble d’artefacts permettra après des études poussées de combler certaines lacunes dans la restitution architecturale de l’édifice. Consulter l'article sur le site de l'Inrap.

En 2019, une exceptionnelle nécropole antique a été fouillée par l'Inrap aux portes de Narbonne, sur les bord de La Robine, jouxtant le futur musée archéologique de Narbo Via dont l'ouverture est prévue en décembre 2020. Sur un site de près de 2 000 m², ce sont près de 1 000 tombes datées du Ier au IIIe siècle qui ont ainsi été révélées, presque intactes.

Monument funéraire en cours de fouille. © Denis Gliksman, Inrap.Monument funéraire en cours de fouille. © Denis Gliksman, Inrap.

La diversité des structures funéraires, leur état de conservation, la superposition des sols et des tombes font de ce site un cas unique en Gaule, dont les éléments de comparaison se trouvent en Italie, notamment à Pompéi ou à Rome. Cette nécropole, exceptionnelle par son état de conservation et par le nombre et la diversité de ses éléments, s'impose déjà comme un site de référence pour l’étude des pratiques funéraires en Gaule romaine, mais aussi pour la connaissance de la plèbe durant l’Antiquité. Les pièces découvertes devraient être très rapidement acheminées vers le futur musée de la ville. Plus d'infos sur le site de l'INRAP et sur le site du Ministère de la Culture. Crédit photo : DRAC.

[Source : Inrap]

Narbonne est également un site d'archéologie sous-marine. En effet, les ports de la ville sont considérés comme étant parmi les plus importants du monde romain, de véritables plaques tournantes du commerce antique. Depuis 2010, une équipe de recherche a ainsi pu être mise en place grâce à un partenariat associant notamment les villes de Narbonne et Gruissan, la région Occitanie et le Ministère de la Culture, via la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et la DRASSM (Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines). L'objectif : restituer les déplacements, au gré de l’évolution du fleuve, des différentes zones portuaires de cette colonie romaine, fondée en 118 av. J.-C et considérée comme le port le plus important des Gaules. (Source : archeologie.culture.fr).

Pour en savoir plus :

Narbonne, archéologie d'outre-tombe [Émission Carbone 14, le magazine de l'archéologie]
Podcast de France Culture, 28mn
avec Valérie Bel et Jérôme Hernandez, archéologues à l'INRAP, et Michel Vaginay, conservateur général du patrimoine

Musées d'archéologie du Narbonnais et de l'Aude appartenant au réseau des musées d'Occitanie

Maguelone

Crédit photo : Drac Occitanie.

Maguelone, lieu-dit de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone dans l’Hérault, est associé au naufrage de la Jeanne-Elisabeth. Ce « brick », voilier à deux mâts, est en route pour Marseille, un jour de novembre 1755, lorsque pris dans une tempête, il fait naufrage au large de Maguelone, chavirant à 150 mètres du rivage en face de la cathédrale de Villeneuve-lès-Maguelone. A bord, dix marins suédois âgés de 16 à 35 ans et onze passagers de différentes nationalités dont deux Français dont les corps seront retrouvés le lendemain sur le rivage.

Le bateau, lancé un an auparavant, en 1754, convoyait depuis Cadix en Espagne et avait à son bord une importante cargaison de blé, mais également 24 360 piastres d’argent espagnoles frappées au Mexique et au Pérou.

Connu par les archives, le naufrage de la Jeanne-Elisabeth connaît un nouveau rebondissement lorsqu'en 2006-2007, des pilleurs découvrent le site du naufrage et entreprennent une fouille sauvage de l'épave, allant jusqu'à piller 18 000 des 24 360 piastres.

Cette action clandestine, vite réprimée par la loi, conduira à une enquête douanière et, en 2008, amènera les archéologues de la DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) à une fouille minutieuse officielle de l'épave de la Jeanne-Elisabeth. Un travail qui permettra de récupérer 4 000 autres piastres et de mettre au jour du mobilier et de la vaisselle.

Une diversité et une conservation exceptionnelle des vestiges retrouvés qui font de la Jeanne-Elisabeth et de Maguelone un site de référence en matière d'archéologie marine dans le paysage languedocien.

Le lieu-dit de Maguelone est également connu pour abriter des vestiges de l'époque romaine et étrusque, mis au jour lors de différentes campagnes de fouilles. L’île de Maguelone est ainsi occupée dès l’époque romaine mais prend une importance considérable durant l’Antiquité tardive, accueillant ainsi le siège d’un évêché dès le VIe siècle, statut qu'elle gardera jusqu’au début du XVIe siècle.

Récemment, à la demande du Service Régional de l’Archéologie, de l'INRAP et du CNRS, des fouilles ont été entreprises dans le cadre d'une opération de sauvetage urgente afin de sauvegarder l'étude des vestiges de l’antiquité, menacés par des travaux agricoles. L'étude des bâtiments, tombes, silos et fours mis au jour permettra, à une échelle encore inédite (5 000 m²), de lever une partie du voile sur l’occupation et l’évolution de ce quartier aux V et VIIe siècles de notre ère, apportant ainsi de nouvelles réponses sur l'histoire et l'archéologie du Languedoc.

Source : www.culture.gouv.fr

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